02.09.2026

Artistes, apprentis, ouvriers : la recette singulière de Macors pour construire l’avenir

À quoi reconnaît-on une véritable entreprise de territoire ? Son adresse ? L’origine de ses travailleurs ? Ses partenaires locaux ?

Chez Macors, entreprise familiale de construction installée à Hamois depuis 45 ans, l’ancrage local va bien plus loin. Il se traduit par une manière d’entreprendre : former, transmettre, créer des relations durables et rester ouvert à ce qui peut faire évoluer l’entreprise.

Nous avons rencontré Romain et Audrey Sevrin, qui incarnent la nouvelle génération de Macors. Merci à eux pour leur temps, leur transparence et leur accueil, déjà très révélateur des valeurs de l’entreprise.

Faire grandir les talents d’ici

Macors compte environ 75 collaborateurs et accueille chaque année une dizaine d’apprentis.

 

Près de 40 % des travailleurs ont effectué un stage ou une partie de leur formation au sein de l’entreprise avant d’y être engagés. Une donnée qui en dit long : Macors ne se contente pas de rechercher des compétences disponibles, elle contribue à les faire émerger.

 

Son objectif ? Permettre à chacun de progresser au maximum de son potentiel. Cette attention portée à la formation et à la transmission participe probablement à l’excellent taux de rétention de l’entreprise.

 

L’ancrage local se retrouve aussi dans le choix des partenaires. Macors privilégie autant que possible la main-d’œuvre locale et les collaborations de long terme. Pour son propre bâtiment, l’entreprise a notamment travaillé avec un architecte du village.

 

"Ici, les sous-traitants sont considérés comme de véritables partenaires. On connaît leur manière de travailler et l’on sait que, lorsqu’une difficulté survient, ils seront présents pour chercher une solution."

Tester d’autres façons de construire

Le bâtiment de Macors traduit lui aussi cette volonté d’intégration et d’innovation. Son implantation et son apparence ont été pensées en tenant compte du village et du voisinage.

L’entreprise a également été précurseur dans son recours à la géothermie et explore des matériaux capables de réduire fortement l’empreinte environnementale du bâti.

Certifiée ISO 14001, elle cherche à faire de la transition environnementale un véritable sujet de métier : mieux anticiper, réduire les pertes, trier les déchets, valoriser certaines matières et intégrer progressivement des matériaux plus circulaires.

L’ambition n’est pas seulement de suivre le mouvement, mais de contribuer à l’accélérer dans le secteur de la construction.

Quand l’art entre dans l’atelier

Depuis plusieurs années, Macors accueille de jeunes artistes en résidence dans le cadre du prix Macors du concours Médiatine. Elle leur ouvre ses ateliers et met à leur disposition des matériaux, des machines et les compétences de ses équipes.

La rencontre produit des œuvres, mais aussi des découvertes. Les artistes explorent les possibilités techniques des matériaux. Les ouvriers, eux, sont amenés à sortir de leurs usages habituels. Certains réalisent ainsi des pièces qu’ils ne pensaient pas être capables de produire.

Une manière concrète de faire circuler les idées entre l’entreprise, les métiers manuels et le monde culturel.

Trois générations cherchent leur équilibre

Macors réunit aujourd’hui trois générations, y compris au sein de son comité de direction. Une richesse, mais aussi une source possible d’incompréhensions.

« On s’est rendu compte qu’on avait plusieurs générations dans l’entreprise et que le rapport au monde du travail ou à la vie privée pouvait changer en fonction de ces différentes générations. »

Les horaires, la disponibilité, l’autonomie, le télétravail ou l’équilibre de vie ne sont pas perçus de la même manière par tous.

Plutôt que d’éviter ces sujets ou de décider seule, l’entreprise a choisi d’ouvrir la discussion. Un questionnaire a été adressé aux collaborateurs, suivi d’entretiens individuels sur leur vision du travail. Un premier atelier a ensuite réuni différentes générations afin de confronter les perceptions et de commencer à construire des réponses.

« On a envie que la manière dont l’entreprise vit au quotidien puisse correspondre à ces différentes générations. »

L’objectif n’est pas de choisir entre les anciens et les nouveaux modèles, mais de trouver un équilibre compatible avec les attentes des travailleurs et les réalités de l’entreprise.

La culture de Macors peut finalement se résumer en une phrase entendue lors de notre rencontre

Ce n’est pas chacun pour soi. C’est tous ensemble !

Cette conviction relie les différentes facettes de l’entreprise : la formation des jeunes, la fidélité aux partenaires, l’accueil d’artistes, l’engagement environnemental et le dialogue entre les générations.

Macors montre ainsi qu’une entreprise de territoire ne se contente pas d’utiliser les ressources présentes autour d’elle. Elle contribue à révéler les talents, à développer les compétences et à créer des connexions durables.

 

C’est cette question du travail entre les générations que nous prolongerons lors de notre prochain Mix & Match au TRAKK : comment transmettre l’expérience, entendre les nouvelles attentes et transformer les différences en force collective ?

Parce qu’on peut innover dans ses produits et ses procédés, mais aussi dans la manière de construire l’avenir ensemble.

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